Dans le n° 76 - Janvier 2017 - Bien s'alimenter pour bien vieillir

Prévenir les troubles de la déglutition

Par Juliette Viatte 
Mots clés associés : Soins / Hygiène, Restauration, Focus 

Plus connu sous le nom de "?fausse route?" ou de "?dysphagie?", le trouble de la déglutition est fréquent chez la personne âgée. En établissement, il peut atteindre 30 à 60?% des personnes accueillies. Difficile à dépister, il peut avoir des conséquences dramatiques, dont la plus grave est l'étouffement. Il est pourtant possible de le prévenir et/ou de le soulager, par l'adoption de mesures hygiéno-diététiques, la formation des professionnels et une alimentation stimulante mais protectrice.

 
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Comment s'effectue la déglutition??

La première phase de la déglutition est orale, elle nécessite de fermer les lèvres, de bouger la langue, de saliver suffisamment et de mâcher efficacement. La phase suivante consiste à transporter le bol alimentaire de la bouche vers l'oesophage, en passant par le pharynx, dans un espace partagé entre déglutition et respiration?: il faut donc fermer les voies aériennes grâce au larynx pour ne pas faire une fausse route et ouvrir les voies digestives pour avaler avec l'oesophage.
La déglutition est un enchaînement de gestes à l'ordre immuable. Mais l'amplitude des gestes est modulée par le cerveau, en fonction des informations de volume et de consistance recueillies en bouche. Avant la mise en bouche, la reconnaissance de l'aliment est utile pour préparer la mastication et la déglutition. Pour être efficace, elle requiert le goût, l'odorat, la vision mais aussi la mémoire, l'attention et toute la cognition.
La fonction première de l'acte d'avaler est de conserver le carrefour aéro-digestif libre de tout encombrement. C'est pourquoi la déglutition s'effectue si fréquemment dans la journée, avec des aliments pour manger, mais aussi de la salive ou du mucus pour préserver la respiration.

Quels sont les risques d'une dysphagie??

Il existe deux types de dysphagie.

La dysphagie obstructive, qui vient bloquer la respiration, entraînant un risque de décès par asphyxie. La toux réflexe prévient ce danger, et lorsqu'elle n'est pas efficace, une désobstruction active comme la manoeuvre de Heimlich permet souvent d'expulser l'aliment bloqué.

La dysphagie chronique est plus insidieuse. Des petites quantités d'aliments, de salive ou de mucus sont infectés dans la bouche et sont inhalés dans les poumons où ils déclenchent une infection?; c'est la pneumopathie d'inhalation.

La pneumopathie d'inhalation

De petites quantités d'aliments, de salive ou de mucus passent parfois dans les poumons. C'est généralement un phénomène sans gravité, résolu par une toux. Mais dans le contexte de fragilité de la personne âgée, la toux devient moins efficace, le système immunitaire s'affaiblit et l'hygiène bucco-dentaire fait parfois défaut. Dans ce contexte, ces petites quantités vont s'infecter au contact des germes dans la bouche pour devenir le vecteur de l'infection vers les poumons, mal combattue par le système immunitaire et par la toux affaiblie?: c'est alors une pneumopathie d'inhalation qui se déclenche. L'hygiène bucco-dentaire est le moyen de prévention privilégié de ces infections pulmonaires.


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