Dans le n° 78 - Mars 2017

Vivre ou maintenir

Par Serge Guérin 
Mots clés associés : Familles - Intergénérationnel 

C'est bien connu, la première des attentes des seniors est de pouvoir aussi longtemps que possible vivre à son domicile. Sauf que le baromètre de l'Institut du Bien Vieillir Korian, publié en février 2017, met en avant le fait qu'ils ne sont que 55% à émettre ce souhait.

 
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La surprise est donc que les plus de 65 ans sont très ouverts à d'autres solutions d'habitat que leur domicile, dès lors qu'elles répondent mieux à l'évolution de leurs besoins et de leur situation.

Indépendance et intimité

Selon les résultats de l'étude, le chez soi se définit d'abord par la possibilité de vivre à son rythme (63%), par la préservation de l'intimité (53%), par la possibilité de communiquer avec d'autres en toute liberté (45%). Viennent ensuite le fait de pouvoir pratiquer diverses activités (37%) et de disposer d'un espace à soi (36%). Ces demandes forment une feuille de route particulièrement claire pour l'ensemble des responsables et initiateurs de lieux d'accueil des plus âgés !

Soutenir plutôt que maintenir

Mais revenons à cette attente exprimée par les personnes : si l'attente pour vivre à domicile n'est pas si puissante qu'ordinairement annoncée, n'est-ce pas parce que le " maintien à domicile " est d'abord largement porté par la puissance publique et le discours politique. Il y a de l'idéologie derrière cela... Le choix des termes n'est pas neutre. Au contraire, il est signifiant : maintenir les gens à domicile est réputé plus économique pour la collectivité mais aussi pour répondre aux attentes sociales de la quasi-totalité des Français. On maintient donc. On ne soutient pas.

Renforcer les potentialités

Or, l'attente des personnes, c'est de vivre là où elles se sentent le mieux, où elles sont bien accompagnées et en ayant un chez soi. Le baromètre de l'Institut du Bien Vieillir Korian montre que le souhait majeur, qui arrive juste après celui de continuer à vivre chez soi, se résume à " ne pas dépendre de proches pour le soin ou la vie quotidienne ", à 47%. L'espoir, c'est de conserver aussi longtemps que possible, son autonomie.

Au-delà du lieu de vie, l'enjeu repose d'abord sur les manières d'accompagner la vie sociale des plus âgés tout en préservant leur autonomie et leur liberté. L'enjeu, c'est de proposer un environnement et un accompagnement le plus adapté à soutenir et renforcer les potentialités de la personne âgée. Cela peut se dérouler au domicile habituel, dans un établissement collectif, médicalisé ou non. Rappelons aussi que pour certaines personnes en forte perte d'autonomie et isolées, la vie à domicile peut se révéler plus onéreuse que d'habiter dans un lieu collectif et être moins protectrice en terme d'intimité.

On maintient donc. On ne soutient pas.

Or, l'attente des personnes, c'est de vivre là où elles se sentent le mieux, où elles sont bien accompagnées et en ayant un chez soi à elles. L'enjeu, c'est de développer une approche, des pratiques et des attitudes en faveur de la préservation de l'autonomie des personnes et de leurs potentialités.

@Guerin_Serge

Professeur à l'INSEEC Paris Directeur du MSc " Directeur des établissements de santé "

Nouvel ouvrage : La guerre des génération aura-t-elle lieu ?, Calmann-Lévy



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