Dans le n° 98-novembre 2018  - Gestion des risques  10135

« Les sanctions disciplinaires se multiplient en raison d'erreurs dans la distribution des médicaments »

Aide-soignante dans un EHPAD public d'Ile-de-France, Malika Belarbi préside le collectif des personnes âgées - Fédération CGT santé et action sociale. Elle dénonce le manque de moyens humains et matériels qui conduit à des glissements de tâches dans la gestion des médicaments en EHPAD.

Quels sont les glissements de tâches constatés par la CGT santé et action sociale dans la distribution des médicaments en EHPAD ?

Les aides-soignantes (AS) ainsi que les auxiliaires de vie sociale (AVS) sont amenées à distribuer des médicaments dans le cadre de leur mission. Cette pratique s'effectue souvent sans la présence d'une infirmière, même si les traitements sont préalablement mis sous blisters. Généralement en EHPAD, les infirmières se consacrent à la gestion administrative et au management et ont peu de temps à consacrer à la préparation des médicaments. Les textes parlent de collaboration entre l'infirmière et l'aide-soignante. Mais que faire quand il n'y a pas d'infirmière ? Comment une aide-soignante qui a sous sa responsabilité 40 résidents la nuit peut-elle respecter la procédure d'administration de médicaments en cas de douleur sans un diagnostic infirmier ? Le manque récurrent de soignants conduit également à des glissements de tâches pour les agents des services hospitaliers (ASH) vers des fonctions d'AS. Ces agents sont amenés à distribuer et administrer des médicaments sans en connaître les posologies, les indications et les effets indésirables et donc à ne pas comprendre des prescriptions médicales surtout lorsqu'il y a des génériques. Ce type de pratiques est totalement illégal et présente des dangers évidents pour les résidents. ll y a un transfert de compétences qui devient insupportable pour le personnel soignant.

Quelles sont les incidences de ces dérives pour les personnels ?

De plus en plus d'AS et d'AVS voient le nombre de sanctions disciplinaires se multiplier sous prétexte que des erreurs sont commises lors de la distribution des médicaments. Même si des procédures et des protocoles de soins cadrés par la législation sont mis en place dans les établissements, il y a des dysfonctionnements et des irrégularités en raison du manque de formation des personnels et de moyens humains. Je peux vous citer le cas récent d'une aide-soignante qui a été exclue de son établissement et radiée de la fonction publique en raison d'une erreur médicamenteuse. Cette professionnelle avait été missionnée pour la distribution des médicaments. Elle a été interrompue dans sa tâche par une résidente qui lui demandait de l'aide et a donc laissé son chariot de médicaments. Une tierce-personne a pris le traitement d'une résidente et s'est trompée. Cet exemple illustre le fait que les personnels ne sont pas suffisamment formés aux risques d'erreurs liés à l'interruption de tâches. Les agences régionales de santé ont mis en place des recommandations mais au niveau du droit celles-ci n'ont pas de valeur. Les aides-soignantes ne peuvent pas se défendre, elles sont livrées à elles-mêmes sur des situations qu'on leur impose et n'ont pas de marges de manoeuvre.

Votre syndicat réclame la création d'un module de formation en pharmacologie pour les auxiliaires de soins (AS, AVS, AMP).

Oui, si on outille les soignants avec du savoir et de la formation, ils se sentiront plus compétents et mieux considérés. Car quand il y a des erreurs, cela génère de la souffrance chez les personnels.

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