04/12/2018  -  Colloque Adef Résidences  10212

Quelle est la responsabilité juridique et professionnelle en établissement médico-social ?

Comment concilier la liberté et les droits fondamentaux des individus tout en garantissant le bon fonctionnement d'une organisation collective ? Comment lier le chez soi et le chez les autres, dans un lieu fermé, accueillant des personnes en situation de fragilité, qui par essence ont des difficultés à exprimer un consentement éclairé. Le point avec Yves Claisse, avocat à la Cour, membre du Comité d'éthique d'Adef Résidences.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

L'enjeu pour un établissement médico-social est de trouver les moyens réels de mettre en oeuvre l'éthique. Une démarche qui par nature devrait accroître la responsabilité individuelle, à condition que la recherche du bien ne soit pas un « bouclier », une parade devant un juge. La démarche éthique ne peut faire l'économie de considérer le risque juridique.

Un condensé de risques

Un établissement médico-social concentre de nombreux risques.

Par ses fondements. Il y a en droit général quatre types de responsabilités.

. La responsabilité disciplinaire : elle concerne le comportement d'une personne à l'égard des obligations de sa fonction. Elle se traduit par un avertissement mais peut aller jusqu'au licenciement.

. La déontologie liée à chaque ordre. Un Ehpad accueille des salariés soumis à des codes professionnels. C'est le cas des médecins par exemple qui peuvent dès lors être sanctionnés par leur ordre.

. La responsabilité civile ou financière est clairement définie dans l'article 1382 du code civil. C'est ainsi que tous les faits de l'homme qui causent un dommage doivent être réparés. Cette responsabilité est prise en charge par l'établissement.

. La responsabilité pénale. Elle concerne ici l'institution mais aussi l'individu susceptible de commettre des infractions par manquement ou omission. Les établissements médico-sociaux ont une obligation de précaution, de prudence de soin. L'infraction d'imprudence peut être invoquée en cas d'accident. C'est le cas par exemple si un résident s'étouffe quelques minutes après le passage de l'infirmière dans sa chambre.  Les salariés peuvent être mis en cause, jugés, condamnés du fait d'un manquement mais l'employeur doit assurer leur protection (prendre en charge un avocat par exemple). Il assumera aussi les dommages et intérêts si l'établissement est condamné. Les débiteurs de la responsabilité sont dès lors à la fois l'individu et l'institution.

Par ses finalités. Il s'agit en effet de dissuader les auteurs de commettre des fautes ou des erreurs, de s'en protéger et de réparer les conséquences préjudiciables des fautes commises.

Quand on parle de responsabilités, on s'adresse à un juge, dont la perception est elle-même teintée d'une certaine humeur sociale. Cela signifie que des reportages délétères dans les médias sur la maltraitance en Ehpad peuvent impacter son jugement. Effectuer une démarche judiciaire est toujours source de risques pour l'institution. Elle l'oblige à se surpasser en matière de règles et de conformité aux « bonnes pratiques » admises et déclarées par les institutions officielles. Sans compter que la logique de protection inhérente aux métiers exercés par les EMS, qui accueillent des majeurs protégés, impose une grande exigence. Dans ces lieux, le risque est peu admis. La priorité du juge est toujours de vérifier si l'établissement a bien rempli sa mission de protection du majeur. Cela entraîne un principe de surprotection qui aliène la liberté d'aller et venir et le droit au risque. C'est une atteinte aux droits fondamentaux de l'individu.

La démarche éthique devient une source d'insécurité pour les établissements comme pour les personnes, une démarche anxiogène qui nécessite de décloisonner les services, partager ses erreurs, sans craindre de sanctions. L'efficacité d'un tel dispositif repose dès lors sur la conscience d'une responsabilité individuelle, vécue comme un engagement quotidien.

Pour sécuriser et répondre efficacement aux enjeux de cette démarche, les équipes peuvent s'appuyer sur trois piliers que sont la connaissance de qu'il se passe dans l'établissement, les actes réalisés de manière à faire évoluer les réflexes d'un individu ou le mode d'organisation d'une institution, la confiance partagée entre les personnels, la direction, les familles et les résidents qui considèrent l'établissement comme un lieu de vivre ensemble, enfin l'adhésion au projet de l'ensemble des acteurs.

Une charte de confiance peut dès lors être établie entre tous les partis. Elle devient un outil au service de la circulation d'information.

26/02/2026  - SFGG Société Francaise de Gériatrie et de Gérontologie

Sexualité et grand âge : les Printanières de la SFGG brisent les tabous

Le 2 avril 2026, la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie consacre son webinaire « Les Printanières » à une question longtemps tue dans les établissements et services à domicile : la santé sexuelle des personnes âgées.
26/02/2026  - Centre de ressources

La Fondation Médéric Alzheimer lance « Essentiel Alzheimer » pour les aidants

Il s'agit d'une plateforme numérique et d'une ligne d'information 3150, gratuite, anonyme et confidentielle.
26/02/2026  - Nominations

Outre-mer : deux nouveaux directeurs généraux d'ARS

Philippe Luccioni-Michaux est nommé en Guadeloupe et Etienne Billot à Mayotte.
26/02/2026  - Décret et arrêté

Infirmières : la réforme de la formation entrera en vigueur le 1er septembre

La réingénierie prend en compte les importantes évolutions du métier d'infirmière portée par la loi « historique » du 27 juin 2025.
25/02/2026  - Vote

Aide à mourir : l'Assemblée nationale franchit une nouvelle étape décisive

L'Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture, ce mercredi 25 février 2026, deux textes majeurs sur la fin de vie. Si le vote sur le développement des soins palliatifs a fait l'unanimité - 491 voix pour, aucune contre -, celui instaurant un droit à l'aide à mourir a suscité davantage de débats : 299 députés l'ont soutenu, 226 s'y sont opposés.
25/02/2026  - Bilan d'étape

Stratégie soins palliatifs : une offre renforcée dans les territoires

352 millions d'euros ont été mobilisés sur la période 2024-2025, soit 157 millions de plus que prévu.
25/02/2026  - AAC

12 nouveaux Pasa en Centre-Val de Loire

En l'absence d'accueil de jour dans un rayon de 15 km, possibilité était donnée d'ouvrir le Pasa à 2 ou 3 personnes âgées provenant du domicile.
25/02/2026  - Décret

Conseils d'administration des ESMS publics : les collectivités vont désigner des suppléants

Un décret de simplification administrative permet désormais d'éviter certains problèmes de quorum.
25/02/2026  - Santé publique

Primo lance un programme d'amélioration de l'état bucco-dentaire des résidents

L'état bucco-dentaire est souvent préoccupant en Ehpad ou établissements hébergeant des personnes en situation de handicap. Le déficit de formation des personnels en est l'une des causes.