Dans le n° 109-octobre 2019  - Comment supporter le décès d'un collègue ?  10673

Accompagner le deuil en entreprise

L'entreprise appréhende de mieux en mieux le rôle du proche aidant, parce qu'elle compte aussi ses aidants propres, les Aidants-Collègues. Une richesse et une spécificité dont elle doit se saisir et qu'elle doit valoriser.

Comment dans ce cadre accompagner le deuil, notamment lorsqu'il concerne l'un de ses membres ? Comment aider les salariés à vivre ce deuil au sein d'une structure aussi codifiée que l'entreprise, et particulièrement s'il s'agit d'un EHPAD ?

Le deuil émotionnel

Dans un cadre où l'émotion n'est souvent ni reconnue, ni valorisée, où les mots sont pesés, créer un espace d'expression pour le deuil recèle bien des écueils. Un 1er travail de groupe peut être utile pour formaliser ce deuil. Le sien mais aussi celui des autres. Il permet d'exprimer une large palette d'émotions : sidération, douleur, colère, tristesse, culpabilité, voire l'absence d'émotion. Les mots sont des outils comme autant d'échos pour évoquer son ressenti face à la perte. La parole est souvent libératrice. Elle valide, autorise et permet à chacun de se reconnaître dans l'expérience de l'autre. « Je ressens la même souffrance que vous ». « Tu parles de toi mais dans ce que tu dis, j'entends aussi un peu de moi. Et si tu t'autorises à exprimer ce que tu ressens, alors je peux aussi m'en donner le droit. » L'émotion est entendue et validée par le groupe qui prend ainsi conscience de partager le même deuil. Il peut alors choisir de s'en saisir collectivement pour le transformer. L'émotion devient la clé de toutes les synergies, de tous les possibles.

Le deuil structurel

Faire le deuil d'un collègue, c'est aussi faire le deuil de son poste, de sa manière unique de l'investir et d'interagir avec chacun. C'est perdre un savoir et une culture immatériels correspondant à la tonalité particulière que la personne jouait dans l'orchestre managérial. Comment réinvestir cet espace tant physique que psychique ? Comment accepter que la personne soit remplacée dans sa fonction ? Cela sous-entend de laisser partir, mais aussi d'accueillir.

Un 2è travail de groupe peut inviter chacun à exprimer sa vision de la personne disparue et de sa place dans l'institution. Le but : aider le collectif à mesurer ce que la personne a légué à la structure et à chacun de ses collaborateurs : un conseil, un enseignement, un regard sur la culture d'entreprise... Et à travers cela, la possibilité de se saisir de cet héritage, du potentiel qu'il recèle et de ce qu'il fait perdurer de la personne.

Le deuil ressource

Chaque entreprise possède ses propres règles, tacites ou implicites. Face au stress d'un deuil, elle réagit. Elle se protège, se défend parfois, mais elle cherche avant tout à « guérir ». Pour cela, elle dispose en interne de multiples ressources pour peu qu'on en favorise l'émergence.

Le 3è temps invite chacun, dans le cadre d'entretiens personnalisés, à exprimer ses attentes et ses craintes sur « l'après ». Avec ce récit, l'occasion est alors offerte de faire émerger des solutions et de développer les moyens de les mener à bien. L'objectif est d'aider les salariés à aider à dessiner une nouvelle dynamique d'équipe. Le deuil s'inscrit alors dans le cadre d'une histoire commune mais aussi d'un projet d'équipe.

Le deuil apprentissage

Le deuil n'est bien évidemment ni souhaité ni souhaitable mais il s'impose parfois dans le cadre professionnel. Si cette expérience de vie s'inscrit dans une temporalité qui doit être respectée, on peut imaginer un temps pour en apprendre quelque chose. Apprendre de la capacité de chacun à mobiliser ses ressources pour transformer l'expérience. Car l'entreprise est un lieu vivant. Et l'humain reste sa première richesse.

Philippe Delpierre

Directeur des Études des entreprises contre le cancer, patient expert, infirmier de formation.

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