Dans le n° 5-février 2011  -  Philippe Bas

" L'avenir ne se résume pas à des guichets monétaires ! "

A l'heure de la réflexion sur le financement de la dépendance, Philippe Bas, ancien ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, et vice-président du conseil général de la Manche chargé des Solidarités, s'exprime. Ses choix ? Système à étages fondé sur la solidarité, solutions personnalisées, consolidation du travail des conseils généraux, TVA sociale,...

Dans le n° 5-février 2011

" Difficile mais possible "

Si elle fut décrite pour la première fois quarante ans avant l'introduction des antibiotiques, la colite pseudomembraneuse reste une complication majeure associée à leur usage. Initialement attribuée à Staphylococcus aureus, après un cas fatal ayant suivi l'usage de streptomycine en 1948, on lui préféra dès 1960 l'étiologie Clostridium difficile. Appelé au départ, Bacillus difficilis, en raison de la difficulté à l'isoler, il devint trois ans plus tard le C. difficile que l'on connait désormais. ...

Dans le n° 4-janvier 2011

" Engagez vous ! "

Quand s'ouvrit le 21 juillet 1976 le 58e congrès de la Légion de Pennsylvanie, le splendide Stratford-Bellevue hôtel de Philadelphie rayonnait, fort des 622 légionnaires et de leurs familles qui l'avaient pris d'assaut. Quinze jours plus tard avec 182 congressistes atteints d'une forme de pneumonie, dont 29 décédés, le climat était tout autre. Ce que tous les médias, y compris notre incontournable Paris-Match, appelèrent " La mystérieuse peste de Philadelphie ", fut l'occasion de découvrir en janvier 1977 une nouvelle bactérie baptisée Legionella pneumophila vivant dans les eaux douces et se multipliant entre 25 et 45°C. Le système de climatisation de l'hôtel fut mis en cause sans que cela puisse être toutefois démontré. ...

Dans le n° 3-décembre 2010

" Travailler à tout prix "

Si l'on situe en général assez bien le tropisme du Rotavirus c'est parfois moins le cas pour le Norovirus qui n'a pourtant rien à lui envier. Et si le premier reste la cause principale de gastro-entérites chez les enfants ce dernier est par contre le leader incontesté " toutes catégories " de cette affection particulièrement épidémique. Identifié en 1968 à Norwalk dans une école élémentaire de l'Ohio, touchant en deux jours 116 des 232 enfants et enseignants, le virus porta longtemps le patronyme de sa ville " natale " avant la révision taxonomique de 2002 qui le fit entrer dans la famille des Caliciviridae genre Norovirus. Il s'avère particulièrement redoutable lorsqu'il s'attaque à une collectivité de personnes âgées qui sont plus vulnérables à l'infection et présentent des facteurs de fragilité altérant leur capacité à répondre à un stress, même minime, et dont l'un des marqueurs est l'incontinence. L'incubation est courte de 1 à 3 jours et la contagiosité est maximale les trois premiers jours de la maladie, où diarrhées et vomissements sont à leur acmé, et perdure 48 heures après l'arrêt des signes cliniques. Dans des établissements de type EHPAD il n'est pas rare de voir des taux d'attaque de la maladie impressionnants chez les résidents dépassant parfois les 80% alors que le pourcentage de soignants atteints est plus restreint, souvent inférieur à 20%. Sur le plan épidémiologique il s'avère fréquemment que ce sont les professionnels de santé qui introduisent le virus dans l'institution ou contribuent à sa diffusion secondaire après l'avoir contracté. Même si dès les premiers cas on va préconiser un renforcement des mesures d'hygiène des mains et de l'environnement on sait très bien que dans un contexte de haute transmissibilité, de charge en soins très élevée accrue par la maladie, de patients incontinents parfois dément-déambulants, la lutte contre le virus s'avère par trop inégale. L'idéal resterait alors de ne pas introduire l'ennemi dans la place. Nombre de raison vont amener un professionnel malade à venir travailler la première étant souvent sa conscience professionnelle portée par la culture enracinée de la nécessaire continuité des soins et de la prise en charge des patients et résidents. Il peut y avoir des problèmes plus organisationnels comme identifier le médecin qui va statuer sur l'inaptitude au travail car un arrêt maladie peut être, lui, pénalisant pour certains agents. Aucune décision n'est simple et plus le problème prendra de l'ampleur moins ce le sera. Toutefois se poser la question du bénéfice/risque de favoriser, ou pas, l'éviction des premiers professionnels malades est un sujet managérial intéressant. Beaucoup de questions se poseront comme par exemple comment mobiliser rapidement des ressources humaines de remplacement dans un contexte où certaines fonctions manquent d'attractivité auprès des jeunes professionnels. Les envisager parait cependant une nécessité. Et-vous quelle est votre philosophie de l'aptitude ? ...

Dans le n° 2-novembre 2010

Accompagnement et service auprès de la personne

Les plus récentes études sur l'emploi mettent en avant que le secteur des services à la personne est l'un des rares domaines à avoir vu l'offre croître. Ces métiers et ces activités qui prennent une part croissante de l'activité économique globale et des emplois. Cette remarque permet de décentrer le discours commun : le vieillissement est une chance. D'abord parce que cela témoigne des effets positifs de la recherche médicale, de la prévention et de la mise en oeuvre de lois de protection sociale. Ensuite, car en favorisant une vie plus douce pour les plus fragiles cela profite à l'ensemble de la population. Et, enfin, du fait du potentiel de création d'activité économiques des seniors. C'est dans cette perspective que l'on peut lire la chercheure Joan Tronto, lorsqu'elle met en avant la nécessité de valoriser de la place des femmes dans la décision et dans la représentation sociale de la société, or, dans le même temps les métiers de service, les métiers du care et de l'accompagnement sont encore réalisés essentiellement par le seul genre féminin. Ces métiers restent mal payés, disposent de peu de système de formation et de valorisation et n'ouvrent guère à des politiques de filière et de mobilité. Notons que souvent les premières à effectuer les taches les plus ingrates, les moins gratifiantes, sont les femmes issues de l'immigration. Les aspects économiques et culturels tiennent une place structurante pour expliciter cet état de fait. Ainsi, la norme sociale a toujours dévalorisé les métiers liés au sale jugé dégradant. ...

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