Dans le n° 16-janvier 2012  -  Centrales d'achats pour les maisons de retraite  588

Des prix et des services

Les centrales d'achat ou de référencement apportent une aide dans la négociation des prix des produits et services nécessaires au fonctionnement des établissements du secteur médico-social comme du secteur santé en général.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Il y a une certaine confusion dans les termes utilisés qui ne facilite pas la compréhension d'un secteur en pleine expansion : quand on parle de centrales d'achat dans les secteurs santé et médico-social, en fait on devrait parler de centrales de référencement. En effet, les centrales d'achat du marché référencent les fournisseurs et négocient pour leurs adhérents les prix des produits nécessaires à leur fonctionnement. Ils n'achètent pas physiquement les produits, ce sont leurs clients qui achètent ensuite directement les produits auprès des fournisseurs référencés.

Ces derniers peuvent être aussi bien des fournisseurs de produits consommables type couche pour incontinence ou stylos bille, produits médicaux, médicaments, ou de produits d'investissement type lits, fauteuils ou télévision, ou encore de services comme la restauration, le nettoyage des surfaces, le linge ou la maintenance des ascenseurs, voire les assurances.

Certaines centrales utilisent un réseau de dépositaires, comme la CAGIC, pour centraliser les commandes et les livraisons de l'ensemble des fournisseurs.

Les centrales sont rémunérées par les fournisseurs qui reversent une commission sur les ventes.

Groupements d'achats

Il ne faut pas non plus confondre avec les groupements d'achat comme il en existe dans le secteur public où plusieurs établissements ont créé des GIP ou des structures collaboratives pour acheter en commun un certain nombre d'articles négociés pour leurs adhérents (comme par exemple UNI-HA ou le Resah-IDF). L'inconvénient du groupement d'achat est dans le fait que pratiquement les gros acheteurs décident pour les petits, or les maisons de retraite ne sont pas - par rapport aux CHU - de gros acheteurs. Les EHPAD du secteur public n'ont pas l'autorisation de passer par les centrales de référencement privées puisqu'elles sont dans l'obligation de passer par des appels d'offres. Il leur reste toutefois la possibilité de s'adresser à la centrale d'achat publique UGAP ou de se faire aider par les centrales de référencement qui ont toutes mis en place une cellule "marchés publics" qui simplifie la rédaction des cahiers des charges et le déroulement de la procédure dans le respect du code des marchés publics. Reste que l'acheteur public doit définir ses besoins et choisir ses fournisseurs.

Cotisation / pas de cotisation

Suivant la philosophie de la centrale d'achat, l'accès aux fournisseurs est libre ou soumis au versement d'une cotisation. Le versement de cette cotisation, toujours modeste, permet de fidéliser et d'éviter le papillonnement de l'acheteur qui ne permet pas d'établir des relations confiantes et durables.

Spécialisation EHPAD ou " tous secteurs "

Les centrales les plus importantes sont en général présentes sur tous les marchés que ce soit celui de la Santé ou du médico-social. Les premières se sont créées dans le domaine médical car les produits et matériels achetés étaient chers et les gains importants. Mais toutes se sont diversifiées en constituant un catalogue EHPAD et médico-social. Certaines comme Aestera revendiquent leur originalité en se concentrant uniquement sur la restauration

Effet taille, effet prix

La massification des achats permet d'obtenir des prix plus avantageux, mais on s'aperçoit qu'il existe encore de nombreuses maisons de retraite commandant leurs produits et services directement. Le potentiel de massification des achats reste donc énorme !

Répartition du budget de fonctionnement

Globalement on estime que le budget d'un EHPAD se répartit entre les dépenses de personnel 70 %, les dépenses afférentes à l'exploitation courante : environ 15 % et les dépenses afférentes à la structure 15 à 16 %. Selon une étude Xerfi, la répartition globale des charges se répartit à 60 % pour le personnel, 20 % pour les charges d'exploitation et à 20 % pour les autres charges (indirectes, financières, amortissement). Logiquement l'étude souligne que " les acteurs de taille importante bénéficient d'une prime à la taille, avec des marges supérieures ". L'optimisation commerciale et des processus de gestion, la rationalisation et la mutualisation permettent de maximiser les relations avec les fournisseurs et d'obtenir de meilleurs prix. Cependant on observe que même les groupes importants font appel aux centrales de référencement, ce n'est pas l'apanage des structures isolées.

L'acheteur, au centre de la performance

La crise économique produisant ses effets, les établissements publics comme privés ou associatifs ont plus que jamais besoin de réaliser d'importantes économies sur leur fonctionnement. Il est clair que les centrales d'achats sont une aide mais que la performance individuelle de l'acheteur, son travail de benchmarking, de travail en réseau, la mutualisation avec d'autres établissements, est fondamentale. À chacun de savoir porter ses efforts sur ce qu'il juge essentiel.

Patrice Lefrançois

02/02/2026  - Domicile

Violences conjugales chez les séniors : l'enjeu du repérage

La Ville de Paris propose des temps d'information animés par le CIDFF et ciblant les professionnels médicosociaux et du maintien à domicile.
29/01/2026  - Réforme

Stéphanie Rist s'inscrit clairement dans l'esprit de la loi infirmière

Lors d'un déplacement à la maison de santé pluridisciplinaire de Taissy, dans la Marne, Stéphanie Rist a fait le point sur la réforme portée par la grande loi infirmière du 27 juin 2025.
29/01/2026  - BASSMS

Accord du 4 juin 2024 : 46 départements « ont honoré leurs engagements » en 2025

La confédération d'employeurs Axess fait le bilan 2024 et 2025 du financement par les départements de l'accord du 4 juin 2024 sur le Ségur pour tous.
29/01/2026  - Répia

« 5 minutes, 5 jours, 5 défis pour l'hygiène des mains »

À l'occasion de la Journée mondiale de l'hygiène des mains, le 5 mai, le Répia lance l'édition 2026 de sa campagne nationale de sensibilisation :
29/01/2026  - Prévention

Une grille d'auto-évaluation pour prévenir le suicide en établissement

Il permet aux Ehpad d'adopter un regard systématique et exhaustif sur les espaces de soins et de vie.
28/01/2026  - Recherche

La perte de l'odorat, premier signe de la maladie à corps de Lewy ?

Si l'hypothèse était confirmée, un simple prélèvement nasal couplé à des tests olfactifs pourrait la différencier d'Alzheimer.
28/01/2026  - Fin de vie

Soins palliatifs : les ambitions rattrapées par le principe de réalité

Les propositions de loi sur le droit à l'aide à mourir et sur les soins palliatifs sont soumises à un vote solennel du Sénat le 28 janvier en soirée, précédé d'explications de vote.
28/01/2026  - Solitude

Les Petits Frères des Pauvres veulent créer un Observatoire de la mort solitaire

L'association annonce la création d'un comité scientifique chargé de mettre en place un Observatoire national de la mort solitaire qui collectera des données fiables sur la fréquence et les circonstances de la mort solitaire.
28/01/2026  - Congrès Fnadepa

"La bataille n'est pas perdue" : Marie-Anne Montchamp appelle à structurer une vision politique de l'autonomie

Ancienne présidente de la CNSA et actuelle directrice générale de l'OCIRP, Marie-Anne Montchamp a livré lors du 18e colloque de la FNADEPA une analyse sans concession des politiques de l'âge. Entre court-termisme budgétaire et absence de contrat clair avec la nation, elle diagnostique les failles d'un système qui peine à assumer la création de la cinquième branche.