L'incontinence anale ou fécale est un trouble fréquent chez les résidents d'Ehpad. Encore trop souvent taboue, elle implique pourtant une surveillance réelle et spécifique pour adapter la prise en charge.

L'incontinence fécale : oser en parler pour adapter la prise en charge
Un patient sur deux vivant en institution souffre d'incontinence anale ou fécale[1]. Elle se définit par des pertes incontrôlées de matières fécales depuis plus de trois mois, excluant ainsi des épisodes ponctuels pouvant être liés à des diarrhées aiguës ou à un phénomène résolutif. Son retentissement sur la qualité de vie est lourd et représente un cofacteur de dépression. Chez des malades institutionnalisés, la persistance d'une incontinence anale est considérée comme un facteur de mauvais pronostic sur l'espérance de vie.
Différents types d'incontinence anale
Il existe deux grandes formes d'incontinence anale. L'incontinence par impériosité dite « active », qui se manifeste par la survenue de selles difficiles à retenir. Elle peut s'observer en cas de diarrhée chronique ou d'altération des fonctions de retenues de l'anus liée à des lésions périnéales, sphinctériennes ou neurologiques. En général, la personne ressent l'envie d'aller aux toilettes mais ne parvient pas à se retenir.
L'incontinence anale est qualifiée de passive dès lors qu'il y a une fuite de selles sans que le patient ne ressente le besoin d'aller aux toilettes. La constipation en est la première cause. Dans sa forme la...