Dans le n° 87-décembre 2017  - Recherche-Action  9639

La restauration en EHPAD face au défi des "petits mangeurs"

Petits mangeurs, consommateurs standards, gros mangeurs, mangeurs difficiles cohabitent en EHPAD. Comment les professionnels peuvent-ils adapter la restauration en fonction de chaque profil ? Comment améliorer l'offre alimentaire pour les résidents qui mangent peu ?

Lancé en 2012, le programme RENESSENS (Réussir Écologiquement une Nutrition Équilibrée et Sensoriellement adaptée pour Senior) vise à améliorer le rendement alimentaire des seniors dépendants, en développant des solutions permettant de « personnaliser » leur prise en charge. « Un outil comme le GEMRCN (Groupe d'Études des Marchés de Restauration Collective et Nutrition) n'est pas adapté aux besoins et aux capacités d'ingestion des résidents. Le GEMRCN va proposer un volume alimentaire, sur une journée complète, 1,7 à 1, 9 kg. Or, d'après les études, un résident est en capacité de consommer entre 900 grammes et 1,2 kilo de nourriture. Les volumes alimentaires sont supérieurs aux capacités d'ingestion des résidents. Ce qui conduit à une consommation partielle des repas, et donc à une dégradation du statut nutritionnel des résidents et un gâchis alimentaire », explique Julien Garnier, directeur associé du Groupe EC6, spécialiste de la restauration et nutrition hospitalière et gériatrique.

Quand un résident mange très peu, l'offre alimentaire peut-elle être revue, non pas dans son volume mais dans la manière dont on va répartir les composantes sur les quatre principaux repas de la journée. « Indépendamment de ces appétits différents, les besoins nutritionnels sont identiques chez les résidents, avec une moyenne de 1900 calories par jour. De fait pour les "petits mangeurs", un volume alimentaire réduit doit intégrer les apports nutritionnels nécessaires au maintien de leur bonne santé. On va, dès lors, jouer sur la densité énergétique, l'enrichissement, la concentration en calories et en protéines. Toutefois, les recettes ne sont pas simples à mettre en oeuvre pour les chefs cuisiniers en EHPAD car quand on amène de la protéine, on change la consistance de l'aliment et le goût. Par exemple, les protéines lactées peuvent entraîner un goût métallique », explique Christine Copin, Ingénieure Nutrition - Auditeur Senior au sein du Groupe EC6.

Quelles sont les pistes d'amélioration ?

« On peut utiliser des produits alimentaires de meilleure qualité ; travailler sur la formation des équipes de cuisine est primordiale, tous les acteurs de la restauration collective se mobilisent dans ce sens ; miser sur les techniques de cuisson basse température qui vont permettre d'attendrir les fibres des produits, sur la texturation des aliments, ou encore densifier l'apport nutritionnel. Quand les compléments nutritionnels oraux sont arrêtés, c'est une ligne financière qui disparaît et qui peut être déployée sur la qualité, la formation des équipes ou les ingrédients bio », détaille Julien Garnier.

Le programme RENESSENS prévoit de tester, fin 2017, une centaine de recettes adaptées à chaque type de mangeur, et « respectant les préférences et les habitudes alimentaires de chacun », auprès de personnes âgées vivant à domicile recevant un portage de repas, en EHPAD et à l'hôpital.

02/12/2024  - Initiatives

Tous en cuisine

Pour sensibiliser les chefs des établissements, rien de tel que de les inviter dans des cuisines étoilées. C'est ainsi que les groupes multiplient les initiatives (concours de chefs ou partages d'expériences) pour valoriser les savoir-faire des établissements. Revue de détails.
02/12/2024  - Initiatives

Apprendre à bien manger

Concours de cuisine ou mobilisations inter établissements, de nombreuses initiatives se développent autour de l'alimentation et de la lutte contre la dénutrition.
02/12/2024  - Former et informer

Un environnement calme, des professionnels formés

Si la personnalisation est un des enjeux du bien-manger en Ehpad, encore faut-il identifier les indices de perturbation du repas.
02/12/2024  - DOSSIER Restauration

La lutte contre la dénutrition : un enjeu de santé publique

La 5e semaine nationale de lutte contre la dénutrition[1] vient de s'achever. Pourtant, la vigilance reste de mise pour prévenir cette maladie silencieuse qui affecte plus de deux millions de personnes en France.
25/11/2024  - Concours des chefs Domusvi

DomusVi récompense ses chefs

Une finale placée sous le signe de l'excellence culinaire sous l'oeil attentif du Chef Hugo Riboulet, Président de cette édition, et gagnant de la saison 14 de Top Chef.
08/11/2024  - Du 12 au 19 novembre

5e édition de la Semaine nationale de lutte contre la dénutrition

La dénutrition est une maladie insidieuse qui touche plus de 2 millions de personnes en France, de l'enfant en situation de handicap, à la personne âgée en perte d'autonomie. RDV pour une semaine de sensibilisation du 12 au 19 novembre 2024.
01/11/2024  - Plainte

Différencier le temps passé au lit et le temps de sommeil

« Je dors mal », « j'ai des insomnies », 40 % des personnes âgées de plus de 75 ans se plaignent de leur sommeil. Pour la spécialiste Sylvie Royant-Parola, quand ce n'est pas pathologique, il faut regarder du côté des habitudes de vie.
01/11/2024  - DOSSIER Préserver le sommeil des résidents

Respecter le sommeil des résidents

Sujet délicat s'il en est, le sommeil est un thème particulièrement sensible chez la personne âgée, dont les besoins évoluent au fil des ans. Comment l'institution peut-elle s'organiser pour préserver ce sommeil et ainsi éviter les réveils intempestifs délétères à un repos de qualité ? C'est le dossier du mois.
01/10/2024  - Éconettoyage

Eau, vinaigre et vapeur : la résidence Talanssa met le cap sur la durabilité

2024 est l'an I de la transformation des pratiques de bionettoyage au sein de la résidence Talanssa à Talence (33) comme dans l'ensemble des Ehpad et SMR de LNA Santé.