Dans le n° 55-avril 2015  -  Foyer d'accueil médicalisé  4659

Les jeunes Alzheimer ont une solution d'hébergement

Une résidence pour les " jeunes " malades Alzheimer de moins de 60 ans, oui cela existe. La preuve avec le tout nouveau Foyer d'Accueil Médicalisé de Cesson (77), porté par l'association Espoir Alzheimer et géré par l'AEDE. Différences et complémentarités avec les EHPAD.

Pour les jeunes malades d'Alzheimer et leurs aidants, la nouvelle est une bouffée d'air frais. A Cesson (Seine-et-Marne), une résidence pour les personnes atteintes de la maladie Alzheimer et âgées de moins de 60 ans, a ouvert ses portes en février. Chambres de 25m², espaces de stimulation et participation selon les ressources du résident... le projet mérite qu'on s'y arrête.

Initiateur du projet, l'Association Espoir Alzheimer et handicap neurologique, qui a cherché une réponse à la détresse des familles et à la rareté de l'offre: accueil en EHPAD sur dérogation ou en USLD, unités peu adaptées aux malades encore valides. À titre indicatif, en 2010, près de 400 personnes malades de moins de 60 ans ont été accueillies dans les USLD de l'AP-HP (source France Alzheimer).

Une bâtisse de 3700 m² abrite ce Foyer d'Accueil Médicalisé de 47 places (dont 4 places d'accueil temporaire et 5 places d'accueil de jour). "Un mois après l'ouverture, nous accueillons déjà une vingtaine de résidents âgés de 38 à 59 ans, issus de toute l'Ile-de-France, répond Gérard Chrétien, directeur de l'établissement. Il s'agit de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et pour un tiers, de personnes souffrant de lésions cérébrales. Les symptômes sont proches." L'équipe, 45 personnes à ce jour - secteur du handicap oblige- comptera à terme 3 infirmières, une infirmière-coordonnatrice, 18 aides-soignantes et 19 AMP, une psychomotricienne à temps plein, un médecin-coordonnateur, un médecin-psychiatre, une assistante sociale, un orthophoniste, un ergothérapeute, un kiné, à temps partiel. Les personnels ont été formés pour apporter des aides à la vie quotidienne et des soins médicaux. Le séjour comprend activités de loisirs, sportives et culturelles mais aussi activités thérapeutiques destinées à retarder les effets de la maladie: ateliers, balnéothérapie, thérapies non médicamenteuses tels qu'art-thérapie, musicothérapie...

Une logique autre

L'initiative est nouvelle. "Porteuse du projet avec l'AEDE (Association des établissements du Domaine Emmanuel), Espoir Alzheimer a présenté le projet au CROSMS (Comité régional de l'organisation sanitaire et médico-sociale), explique Gérard Chrétien. Celui-ci a validé le projet. Sur ce sujet, il n'y a pas encore eu à ma connaissance d'appel à projet."

L'hébergement et l'accompagnement médico-social sont financés par le Conseil Général de Seine-et-Marne, sur la base d'un prix de journée de de 230 euros. L'ARS d'Ile-de-France verse une dotation Soins mensuelle, qui, si on la convertissait, porterait le prix de journée global à plus de 300 euros. Le dernier volet du budget, à savoir le reste à charge du résident, relève d'une logique inconnue dans les EHPAD. "La participation du résident est calculée d'après le règlement de son département d'origine et selon ses ressources. En théorie, un résident peut donc payer de 500 euros à 3000 euros et plus." Un système de tarification qui fait réfléchir la filière gérontologique.

Jouer la complémentarité

Nouvel acteur de l'hébergement des personnes désorientées, le FAM entend bien s'intégrer dans le territoire. "Nous nouons des partenariats avec les EHPAD voisins, enchaîne le directeur. Un des axes est l'échange de bonnes pratiques. Il est intéressant de comparer nos modalités d'accompagnement. Nos publics, fragilisés, présentent les mêmes éléments de vulnérabilité. Toutefois la maladie évolue plus vite chez les jeunes malades... Le deuxième axe est de jouer la complémentarité: un EHPAD peut recevoir des demandes de personnes proches de 60 ans qu'il ne peut satisfaire. De notre côté, même si les résidents peuvent vieillir ici, l'EHPAD peut se révéler à terme une structure mieux adaptée."

Avec ses 4 unités de vie, 2 de 7 places et 2 de 14 places, la structure chemine avec ses résidents. "Un de nos défis est de gérer les écarts d'âge et d'autonomie, termine Gérard Chrétien. Ainsi en matière de sécurité, le bon niveau est celui de la personne la plus fragile...". Une autre difficulté sera de ne pouvoir répondre vite aux personnes concernées. Les délais d'instruction des dossiers auprès de la MDPH peuvent être de plusieurs mois. Sans compter qu'au regard des demandes, ces 50 places, si elles sont un premier pas encourageant, restent très peu.

Chiffres

A partir de l'étude EURODEM menée dans 10 pays européens (publiée en 2003), on estime entre 15 et 25 000 le nombre de personnes de moins de 60 ans atteintes de la maladie d'Alzheimer ou apparentée.
Environ 8 000 personnes de moins de 60 ans bénéficiaient en 2007 d'une prise en charge en ALD (affection de longue durée) pour une maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée.

Source: France Alzheimer - Etude exploratoire auprès de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou maladies apparentées âgées de moins de 65 ans. Rapport d'étude - février 2012.

10/03/2025  - Prévention

Un kit EIGS pour les établissements et services médico-sociaux

Le kit de la Staraqs comprend les outils pratiques et la méthodologie nécessaires pour détecter, signaler et analyser de manière efficace et pro active les événements indésirables graves associés aux soins.
10/03/2025  - Prévention

L'arthrite : comprendre, diagnostiquer, traiter

L'arthrite touche 1 à 2 % des résidents d'Ehpad. Si cette pathologie inflammatoire, particulièrement douloureuse, ne peut être anticipée, des traitements efficaces existent pour soulager les résidents et limiter ses impacts sur leur quotidien.
10/03/2025  - Aidants

Plateformes de répit : un souffle d'air pour les aidants

Près d'un français sur quatre est proche aidant. Pour leur permettre de souffler, des plateformes d'accompagnement et de répit proposent des activités de bien-être, du soutien psychologique et du relayage à domicile.
20/01/2025  - Former au vieillissement

SimuSenior : un nouvel espace de formation dédié au bien-vieillir

Inauguré en octobre 2024, le nouvel espace de simulation de l'hôpital Albert Chenevier de Créteil (Val-de-Marne) est dédié à la formation des professionnels accompagnant les personnes âgées. Un espace unique en son genre, accessible en formation initiale et continue.
20/01/2025  - Médecine complémentaire

L'AMCA s'engage en Seine-Saint-Denis

L'Agence des médecines complémentaires adaptées (A-MCA) sensibilise des ambassadeurs santé de Seine-Saint-Denis aux médecines complémentaires. Un intérêt majeur pour les seniors.
02/12/2024  - L'envie, le plaisir

Quand l'appétit va, tout va

En Ehpad comme à la maison, la lutte contre la dénutrition est l'une des priorités des professionnels de santé. Menus élaborés en fonction des apports journaliers recommandés, ateliers de « cuisine des saveurs » ou de « recettes d'antan », collations, crèmes enrichies pour pallier le risque de dénutrition, cuisine à thème, journée du goût... les équipes ne manquent pas d'idées pour proposer des menus qui stimulent l'appétit. Quand l'appétit va tout va ! Mais quand ça ne va plus ?
15/11/2024  - Alzheimer

Feu vert pour le Leqembi en Europe mais pour une population restreinte de patients

L'Agence européenne du médicament fait en partie marche arrière. Le Leqembi pourra désormais être commercialisé dans l'Union européenne pour certains groupes de patients au stade précoce de la maladie d'Alzheimer.
01/11/2024  - Médicaments en Ehpad

Réserve d'urgence : une nouvelle dotation-type

L'Omédit de Bretagne a publié une nouvelle version de dotation pour répondre à des besoins de soins prescrits en urgence. Un accent est mis sur les soins palliatifs.
01/11/2024  - Médecines complémentaires

De l'intérêt des art-thérapies en Ehpad

Psychiatre honoraire des hôpitaux, fondateur et directeur de l'Institut national d'expression, de création, d'art et thérapie (Inecat), le Pr Jean-Pierre Klein[1] oeuvre au sein de l'Agence des médecines complémentaires adaptées[2] (A-MCA)en qualité d'expert pour renforcer la place des art-thérapies auprès des résidents d'Ehpad. Entretien.