Suite à la présentation par le député Jean-Pierre Decool d'un avis pour favoriser l'accès pour tous à une alimentation de qualité, saine et équilibrée, le CESE a préconisé de sensibiliser la population sur le gaspillage alimentaire.
Lutte contre le gaspillage alimentaire, les Ehpad se mobilisent
Dans son avis rapporté par Thierry Damien et adopté le 28 janvier 2014, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) recommandait une sensibilisation collective au gaspillage alimentaire, des professionnels de la grande distribution aux consommateurs. Face à l'ampleur du gaspillage alimentaire alors qu'en parallèle 3,5 millions de Français bénéficient de l'aide alimentaire, le CESE mettait l'accent sur la nécessité d'optimiser les modes de consommation et d'améliorer l'étiquetage des denrées alimentaires.
Le CESE propose des mesures de prévention et de lutte contre le gaspillage, parmi lesquelles :
- Développer l'information et l'éducation autour de l'alimentation
Le CESE réaffirme la nécessité de sensibiliser les consommateurs à l'alimentation dès l'enfance, dans le milieu familial et les établissements scolaires. La sensibilisation dans les établissements scolaires fait l'objet de l'article 1er de la proposition de loi.
- Permettre l'accès aux plus démunis à une alimentation équilibrée
Le CESE souhaite développer la vente à prix réduits pour les produits dont la date de péremption est proche.
- Répondre aux enjeux de la restauration collective
La restauration collective doit prendre en compte les besoins de ses utilisateurs, y compris quantitatives pour les enfants, et favoriser des repas variés et équilibrés en privilégiant les produits locaux.
Que se passe-t-il en EHPAD ?
A noter que de nombreux EHPAD ont mis en avant des actions pour limiter le gaspillage alimentaire dans leurs établissements tout en répondant de manière adaptée aux besoins de leurs résidents.
Par exemple le centre hospitalier intercommunal Amboise Château-Renault qui gère cinq EHPAD et 450 lits, dispose d'une UPC réalisant 1500 repas dont 900 pour les EHPAD.
Le travail réalisé dans ces établissements a été d'étudier en collaboration avec les aides-soignants les restes de repas non consommés par les résidents. L'évaluation financière des repas non consommés se montait à 80 000 euros soit l'équivalent de 2 postes d'aides soignants.
L'étude soulignait à l'époque (2009) que :
- La feuille de commande était surchargée de menus proposés ;
- Peu de temps était consacré à la saisie de la commande;
- Le goût et le non goût n'était pas respecté par manque d'information ;
- Le Menu du soir était peu ou pas adapté aux habitudes culinaires du résident.
Après un travail d'une année, une adaptation des repas aux résidents et une réorganisation des repas, outre le gain financier noté plus haut, le taux de satisfaction des résidents a fait un bond aussi bien pour le repas de midi que pour celui du soir.