Face aux contraintes budgétaires, la rationalisation des achats offre une marge de manoeuvre non négligeable. Mutualisation, regroupements, recours aux centrales de référencement ou d'achat... les moyens ne manquent pas pour optimiser les commandes dans l'intérêt de vos résidents.
Vos achats à l'ère de la mutualisation ?
Les coûts des Ehpad connaissent une hausse constante liée à la progression de la dépendance parmi les résidents accueillis. Selon le dernier observatoire des Ehpad (1), le coût moyen d'un résident s'établit à 89 euros par jour avec un pic en région parisienne (109€). Hors frais de personnel, 64% des coûts se concentrent dans l'immobilier (25%), l'alimentation (25%), les fournitures médicales (6%), la blanchisserie (4%), les couches et alèses (3%) et les assurances (1%). L'optimisation des achats constitue d'autant plus une voie à explorer qu'on peut en attendre 3% de gains chaque année (2). Rien d'étonnant à ce que la performance d'achat soit devenue une cause nationale pour le secteur public.
Plein Phare pour les établissements publics
Ainsi, un véritable maillage, impulsé par le programme ministériel Phare (3), s'opère dans l'Hexagone avec des Ehpad qui rejoignent des groupements d'achat hospitaliers. Des centaines de bonnes pratiques ont été déjà identifiées. Le réseau des acheteurs hospitaliers d'Île-de-France (Resah-IDF) agit comme opérateur gouvernemental, fort de ses 50 groupements de commande et sa centrale d'achat. "Cette mutualisation renforce la performance d'achat avec des gains pouvant aller jusqu'à 50%", estime Alexandra Donny, directrice adjointe de Resah-IDF. Les pratiques de rationalisation des achats évoluent actuellement de la même façon au sein des Ehpad privés à but non lucratif. La Fehap (4) y déploie depuis 3 ans ses structures associatives de rationalisation des achats (Sara).
Le secteur lucratif ne joue plus solo
Le secteur privé affiche, quant à lui, une certaine avance historique dans le domaine avec sa dizaine de centrales de référencement et d'achat. Ces prestataires généralistes ou spécialisés proposent différents formats de services pour améliorer la négociation des prix, mais également optimiser les stocks, rentabiliser la logistique et apporter aux établissements un soutien stratégique. Car la recherche d'économie ne doit pas cacher la forêt. "Notre seul fil conducteur demeure la qualité de l'accueil, du service et de l'accompagnement de nos résidents", rappelle Thierry Toupnot, directeur la maison de retraite Notre-Dame-des-Pains à Saint-Privat-les-Vieux et vice-président de la Fnadepa (5).
Bernard Banga, MD Report